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Edito du Président

Le temps de l’espérance


L’économie est la sève d’un territoire. Elle est la source d’emplois et de ressources de ses habitants. Elle contribue à la création de services et d’équipements sociaux, éducatifs, culturels et d’infrastructures à disposition de tous. Elle témoigne du dynamisme et de la vitalité de nos communes à travers ses entreprises, artisans, commerçants, agriculteurs et tous ceux dont le travail contribue à son essor.
 
C’est une mission majeure de notre Communauté de communes que de la soutenir et de la développer. A cet effet, à l’issue d’une analyse approfondie et d’une concertation des forces vives du territoire, des actions et des initiatives vont être mises en place pour conforter, attirer et guider chez nous les acteurs économiques.
D’ores et déjà le dispositif « Terre d’ambitions » est un accompagnement opérationnel pour tous ceux, je pense surtout à nos jeunes, qui font le choix de « vivre et travailler au pays » et osent l’aventure entrepreneuriale.
 
Je souhaite qu’en cette nouvelle année, l’essor de l’emploi soit vraiment l’évènement majeur que nous allons connaître.

L’autre vœu que j’ai à formuler serait que, dans le débat national qui s’engage en vue de l’élection du président de la République et du parlement, la situation alarmante du monde rural et son avenir soit véritablement traité et pris en considération.
Je sais que c’est une exigence que portent également chacun des maires de notre communauté ; il est primordial que vous la partagiez avec eux.
 

Bonne année à toutes et à tous.
 

Edito du Président extrait de Provence Verdon Mag 3 - janvier 2017


De l’avenir…

« Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible »           
                   
Cette idée de Saint-Exupéry illustre assez justement la préoccupation des élus locaux aujourd’hui dans l’accomplissement de leur mission. Dans un contexte de bouleversement mondial où l’ère numérique supplante la révolution industrielle du siècle dernier, où la communication est universelle et immédiate, et où désormais 80 % de la population vit dans des espaces urbains, l’avenir de nos territoires est très peu discernable.
 
Si nous voyons bien que notre pays est engagé dans une profonde réorganisation de ses institutions et une recomposition territoriale, toute la difficulté est qu’au milieu du gué, nous ne savons pas jusqu’où nous mènera l’accès à l’autre rive ! Ainsi, de mois en mois, viennent s’imposer à nos communes, de nouvelles règles du jeu et des obligations insupportables en même temps qu’on leur retire l’essentiel de leurs moyens et de leur souveraineté.
 
Notre communauté de communes ne s’inscrit pas dans cette orientation et, malgré les nouveaux champs de compétence que la loi lui dicte d’assumer, maintiendra la vocation originelle que lui ont tracée ses communes membres : celle de les aider à se développer et à améliorer la vie de ses habitants.
 
Il en va ainsi avec la création de structures dédiées à l’enfance et la jeunesse ou de maisons de services au public, avec l’émergence d’un service technique de l’urbanisme ou l’accueil et la création d’entreprises, de même avec le soutien au tissu associatif de son territoire ou l’aide à l’investissement de ses villages.
 
Avec humilité, je ne peux que reconnaitre mon incapacité à prévoir l’avenir ; en revanche mon engagement sera sans réserve pour le rendre possible à des communes fortes et dynamiques dans un territoire solidaire.


Edito du Président extrait de Provence Verdon Mag 2 - juin 2016


Détonante, inquiétante, bouleversante, épuisante. Difficile de choisir un trait pour définir l’année qui s’est achevée, il y a quelques jours. Ce qui est sûr, c’est qu’elle a spectaculairement confirmé le profond bouleversement institutionnel que connait notre pays et plus particulièrement ce qu’il est convenu d’appeler le bloc communal.
 
Cette mutation vient en fait corriger et adapter l’organisation du pays au changement sociologique amorcé il y a un demi-siècle, où 70 % de la population vit désormais au sein d’agglomérations urbaines ou de métropoles. Ce modèle dominant s’impose à grande vitesse, emportant avec lui les territoires ruraux avec les tensions, les incompatibilités et surtout les régressions que nous vivons chaque jour. L’épreuve est d’autant plus difficile car les règles du jeu changent sans arrêt et nous maintiennent dans l’incertitude et le flou en permanence et que la barre à franchir pour pouvoir rester dans la course est placée un peu plus haut par une nouvelle loi, un nouveau décret ou une nouvelle mesure quasiment tous les six mois.
 
Au-delà de la loi Notre et des neuf compétences sur douze que nous devrons intégrer désormais au sein de notre Communauté, voici un aperçu des charges qui ont chargé  « la biasse », comme on dit, ces derniers mois.
Après la création du service instructeur de l’urbanisme d’un coût annuel de 150 000€, arrive la compétence GeMAPI[1] à travers le Syndicat mixte de l’Argens qui prévoit 80 millions d’euros d’investissement, le traitement des déchets avec Technovar et une usine de traitement de 40 millions d’euros, le schéma d’aménagement numérique où 4 millions d’euros de fonds propres devront être consacrés si nous ne voulons pas avoir un territoire déconnecté. Le plan d’amélioration des logements à mettre en place dans tous nos villages et, last but not least, la nouvelle répartition des charges du SDIS[2], intolérables pour nos budgets communaux, qui voit la contribution de notre territoire passer de 200 000 € à plus d’1 millions d’euros annuels.
 
Ces responsabilités viennent s’ajouter aux actions mises en place par notre Communauté depuis plusieurs années et dont je souhaite vous faire un état des lieux succinct et une mise en perspective.
 
Le développement économique que je cite volontairement en premier car il est la clé de notre dynamisme et de la réalisation de nos ambitions. La Communauté de communes puise l’essentiel de ses ressources fiscales dans la progression de la CFE[3] et donc dans le développement et l’accueil de nouvelles entreprises. Ce n’est pas anodin non plus pour les communes puisque nous leur reversons 95 % du produit de cette taxe.
L’économie est également un enjeu essentiel pour l’amélioration de l’emploi sur notre territoire afin d’y maintenir des actifs et nos jeunes.
Par conséquent, après avoir accompagné les communes en cours d’élaboration de PLU[4] avec un bureau d’études pour les aider à orienter leur politique foncière, nous allons engager une réflexion globale sur le potentiel économique issu de la fusion de 2014.
Cette étude, outre un diagnostic et une connaissance précise du tissu existant, nous permettra de connaitre le besoin des entreprises de notre territoire et de leur développement et nous donnera les outils pour une vrai politique d’accueil et d’accompagnement. Je pense également nécessaire de redynamiser la bourse de l’immobilier d’entreprise en lien avec les communes et le soutien que nous pouvons apporter en direction des commerces notamment par des démarches FISAC[5].
 
Concernant les recettes fiscales, un point à ne pas négliger est celui des énergies renouvelables, et bien entendu des parcs photovoltaïques. La difficulté est que ces projets doivent être également profitables pour les communes qui les autorisent. Dans un objectif gagnant/gagnant, je proposerai aux communes souhaitant développer de telles installations de mettre à leur disposition une mission d’expertise et d’accompagnement dans leurs négociations avec les opérateurs, afin d’optimiser leur intérêt et les retombées financières qu’elles pourraient obtenir.
 
Au niveau de l’agriculture, les nombreux outils et chantiers que nous avons ouverts vont déboucher sur des actions concrètes. Je pense aux différentes pistes formulées à l’issue du Copil[6] avec la chambre d’agriculture, des conventions passées avec la SAFER[7] sur la restructuration foncière, la démarche avec la Société du canal de Provence pour l’extension du réseau d’irrigation et bien sûr l’émergence d’une filière chanvre régionale avec la concrétisation de l’indispensable outil industriel, défi que Christian Blanc[8] défend avec passion.
 
L’environnement est un secteur qui va peser lourdement et prendre une place prépondérante dans les années à venir. Secteur également où les réglementations et les normes impacteront administrativement et financièrement de façon massive, d’autant plus lorsque les décisions de la Cop 21 seront effectives.
L’eau et l’assainissement que la loi Notre nous oblige de gérer au sein des intercommunalités sera une responsabilité impactante que je ne suis pas pressé d’assumer ici car, encore une fois, si une telle mesure est judicieuse sur un territoire aggloméré (par exemple entre Toulon, La Valette, La Garde, La Seyne, etc.), je suis convaincu qu’elle n’apportera ni amélioration, ni économie dans les territoires ruraux et diffus.
Le syndicat de l’Argens, que j’évoquais plus tôt et dans lequel nous avons été intégrés malgré nous par le Préfet aura très peu d’intérêt pour les territoires d’amont du fleuve mais aura beaucoup de répercussions financières avec d’une part notre participation au charges de fonctionnement du syndicat mais également notre quote-part aux travaux dans le cadre de la solidarité des bassins versants.
Le PIDAF[9], même si aujourd’hui les financements ne sont pas confirmés, se poursuit. Je tiens à ce que cette année, nous réalisions l’étude sur le secteur du canton de Rians afin d’avoir un plan en cohérence sur l’ensemble du massif de notre territoire. Par ailleurs, une suite doit être donnée à l’étude de l’entretien des cours d’eau réalisée sur la vallée d’Esparron à Rians afin d’assurer le drainage de cette vallée.
Enfin, dans la problématique des déchets, particulièrement impactée par le durcissement des normes environnementales, qui incombe au Syndicat mixte de la zone du Verdon, la Communauté de communes concède de très gros efforts.
En effet, outre la gestion et la perception de la redevance qui exige des moyens importants en personnel et en investigation, nous aurons consacré près d’un million d’euros à la remise à niveau et l’amélioration de la collecte ; 400 000 € pour les déchetteries et 600 000 € pour les containers enterrés.
Je partage tout à fait le message du syndicat et de son Président plaidant pour une amélioration indispensable du tri afin d’endiguer la dérive financière que nous connaissons. Reste à en convaincre nos concitoyens : pour cela nous devons communiquer rapidement et largement. Je soumets l’idée par exemple que dans le cadre des emplois de service civique financés à hauteur de 90 % par l’Etat, nous missionnions un certain nombre d’ambassadeurs de tri dans l’ensemble de nos communes pour sensibiliser les usagers à tous les niveaux pour cette cause territoriale.
 
L’enfance et la jeunesse ont été au cœur des activités de cette année. En effet outre la cinquantaine d’employés de nos crèches, ce sont cinq agents de notre collectivité qui sont mobilisés sur cette compétence. Nos six crèches sont donc gérées par un nouveau délégataire. On peut se féliciter que la démarche de la consultation et la réflexion qui l’a accompagnée ait été bénéfique. La transition a été menée avec succès et nous avons un retour vraiment positif sur la qualité du service et la satisfaction du personnel.
Le relais d’assistantes maternelles va être enrichi d’un lieu d’accueil enfants parents qui étoffera le service apporté aux jeunes enfants sur ce territoire.
Pour la jeunesse, le fonctionnement que nous avons choisi est un bel exemple de ce que peut être la mutualisation. La communauté double sa présence et ses actions auprès des jeunes en intervenant sur les deux collèges qu’ils fréquentent, Barjols et Vinon. Les communes qui le souhaitent maintiennent, quant à elle, ou développent des actions spécifiques définies par leur service jeunesse. Les communes gardent ainsi la maitrise et la faculté de leur politique et peuvent également bénéficier du soutien, en complément, de la Communauté ; ce qui a été par exemple le cas pour le recrutement d’un animateur à Barjols.
Une inquiétude pèse cependant à terme sur la pérennité des financements de la Caisse d’allocations familiales, sans lesquels rien ne serait possible,  au regard des signes de remise à plat envoyés au niveau national.
 
L’urbanisme et le service d’instruction que nous avons créé, est certainement l’évènement majeur de cet exercice. Là où la plupart des territoires n’ont pas voulu s’engager ou hésitent encore, je crois que notre choix a été le bon et peut nous donner quelque fierté.
Ce service, avec les agents qui l’anime, non seulement a été opérationnel immédiatement mais il a procuré une amélioration sensible à l’appui à la décision que fournissait antérieurement la DDTM[10]. La proximité, l’écoute et la réactivité, de même que le système d’information géographique qui sera accessible aux agents de nos villages, améliorent notablement le service public, bien que, je le redis, aucun financement n’a été compensé par l’Etat.
Enfin, cela a pu dissiper certaines suspicions qui ont pu se manifester lors de sa création : Y-a-t-il un seul maire qui se soit senti dépossédé de sa décision et de sa responsabilité sur le droit du sol de sa commune ?
Le SCoT[11] de la Provence Verte est en phase de révision ; nous devons nous y intéresser et y participer. Des orientations majeures seront fixées qui pèseront sur les règles d’urbanisme de chaque commune en matière de construction mais également d’agriculture et d’environnement.
Enfin, nous devrons agir en direction de l’habitat et du logement. L’amélioration des centres anciens, l’habitat indigne, l’adaptation pour les personnes âgées et bien sûr le logement de nos enfants entrant dans la vie active sont des efforts qui nous incombent collectivement. Les pistes fournies par Sébastien[12] sur Sainte Baume Mont Aurélien nous seront précieuses.
 
Le tourisme et le patrimoine vont trouver leur vitesse de croisière et amener des avancées notoires avec la normalisation et la rationalisation du schéma de l’OIT[13] de la Provence Verte sur l'ensemble du territoire et les accueils revus et adaptés de Barjols, Saint Julien et Rians.
Le marché du projet "Randonner autrement" ayant été attribué, je pense que les parcours définis entre nos villages seront très vite enfin à disposition des promeneurs désireux de découvrir nos paysages. Même chose concernant les parcours patrimoniaux des cinq villages non encore pourvus. Je souhaite que nous finalisions avec le Pays d'art et d'histoire leur concrétisation et définir ensemble leur conception et leur financement.
Par ailleurs, nous devons nous féliciter de la collaboration avec le Parc Naturel Régional du Verdon qui a abouti à la création de ce formidable parcours VTT autour du lac d'Esparron qui en fait un des premiers aménagements de ce type en Europe.
 
Les services à la population proposés par notre Communauté s'enrichiront dans les prochaines semaines de la Maison de services au public de Rians sur le modèle de celle de Barjols, qui sera un lieu évolutif où pourraient s'agréger dans le temps un certain nombre de services, non présents à ce jour à l'ouest de notre territoire.
Nous aurons à définir l'évolution de notre soutien à la vie associative, compte tenu des priorités que nous fixerons sur les nouvelles charges qui s'annoncent et, de toute évidence, rationnaliser ces interventions avec davantage de cohérence.
 
Enfin, la mutualisation entre Communauté et communes, les communes entre elles, outre son obligation légale est devenue une nécessité. A nous d'en faire un outil utile de solidarité et d'économie et non pas une astreinte, dans la lignée de ce qu'ont apporté en leur temps, les syndicats de communes et l'esprit coopératif. Je souhaite qu'un élu référent soit choisi dans chaque commune pour avancer sur cette question et je demande aux maires de faire participer leurs secrétaires généraux aux réflexions et aux propositions que pourra faire ce comité.
 
Vous constatez l'explosion des missions et l'ampleur de la tâche qui nous attendent et tout cela dans le contexte de fusion très compliqué que nous connaissons depuis presque trois ans et qui heureusement tend à se normaliser (bon courage à la future agglo[14] qui doit se créer).
Je tiens à ce sujet à remercier chacune et chacun de nos collaborateurs, sous l'égide de notre directrice générale, pour leur attachement et leur implication dans la réussite de ce projet commun. Pour l'avenir, je ne suis pas en mesure de leur laisser espérer davantage d'accalmie ni de relâchement, juste, certainement de meilleurs conditions de travail et de fonctionnalité, lorsque nous intègrerons notre nouveau siège à Varages.
J'aimerais également améliorer l'information et la communication avec les communes, notamment en associant, avec l'accord des maires, le personnel communal aux évolutions communautaires. Au niveau des élus, j'invite à nouveau, les vice-présidents à travailler en amont sur les questions dépendant de leurs délégations avec les élus du territoire qui souhaitent s'y impliquer dans le cadre des commissions ad hoc ou sous toute autre forme.
Le travail du bureau, nous le voyons est très intense mais c'est l'échelon opérationnel du fonctionnement d'une intercommunalité. J'estime qu'il est nécessaire que ses décisions soient communiquées auprès des conseils municipaux. Actuellement les comptes rendus de réunions sont adressés aux maires et au secrétariat des mairies, j'ai demandé qu'ils le soient également à chacun des conseillers communautaires.
 
Cette année 2016 va amener dans notre environnement institutionnel des évolutions importantes. L'Etat, avec les moyens qu'on lui connait, poursuivra son retrait dans un certain nombre de secteurs. Une nouvelle politique s'élabore à la Région : quelle sera la place faite aux territoires et aux communes rurales? La perte de la clause de compétence générale interdit désormais les cofinancements Région/Département. Beaucoup d'interrogations sur le Département, son positionnement vis à vis des communes, historiquement partenaires privilégiés, ainsi que l'équilibre qui prévalait jusqu'ici entre les différents territoires.
J'ai quelques appréhensions, enfin sur nos instances représentatives, lorsque l'AMF[15] promeut avec insistance le développement des communes nouvelles et la généralisation des PLUI[16] ou lorsque le Président départemental souhaite l'émergence de cinq grandes intercommunalités couvrant le Var.
 
Soyez sûr, en tous cas, que je continuerai à être présent à tous les niveaux de débat et de décisions qui se présentent et pour défendre les intérêts du Haut pays et les valeurs que nous partageons.
Cette communauté, je le confirme, est un outil commun avant tout au service des villages qui l'ont créé. Je continuerai à m'attacher à ce que chacun s'y sente chez soi et puisse s'y exprimer sans restriction.
Gardons toujours à l'esprit que notre mission d'élus est d'être au service de nos concitoyens et, en ces temps de trouble et d'incertitude, de préserver auprès d'eux le vivre-ensemble mais surtout de porter et de faire partager l'espérance en l'avenir.
L'espérance, voilà ce que je souhaite pour chacun d'entre vous en cette année.


Discours prononcé par Bernard de Boisgelin, Président de la Communauté de communes Provence Verdon,
à l'occasion de la cérémonie des voeux communautaires, le lundi 25 janvier 2016 à Varages.
 
[1] GeMAPI : Gestion des milieux aquatiques et protection contre les inondations
[2] SDIS : Service départemental d’incendie et de secours
[3] CFE : Cotisation foncière des entreprises
[4] PLU : Plan local d’urbanisme
[5] FISAC : Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce
[6] Copil : Comité de pilotage
[7] SAFER : Société d’aménagement foncier et d’établissement rural
[8] Maire de Varages
[9] PIDAF : Plan intercommunal de débroussaillement et d’aménagement forestier
[10] DDTM : Direction départementale des territoires et de la mer
[11] SCoT : Schéma de cohérence territoriale
[12] Sébastien Bourlin, Conseiller départemental, Maire de Pourrières, Vice-Président de la Communauté de communes Sainte Baume Mont Aurélien, Président de l’Office de tourisme de la Provence Verte
[13] Office de tourisme de la Provence Verte
[14] Communauté d’agglomération Provence Verte
[15] AMF : Association des Maires de France
[16] PLUI : Plan local d’urbanisme intercommunal


Au cœur de cet été 2015, le parlement a adopté une loi dite « Nouvelle Organisation Territoriale de la République » qui va entrainer des conséquences majeures pour l’avenir des communes et du monde rural. Arrivant après les lois de 2004, 2010, 2014, elle engage, à mon sens, un processus évident de destructuration et de tutelle pour les villages qui, depuis des siècles, ont tissé l’organisation sociale de notre pays.
 
En effet, ayant désormais intégré l’ensemble des 36 000 communes françaises dans des intercommunalités, la loi fixe désormais de nouvelles règles et remonte de façon spectaculaire la barre à franchir dans cette intégration. Un seuil de population minimum de 15 000 habitants et le nombre de compétences qui devront être cédées aux intercommunalités qui passent de 4 à 9, en sont des exemples notoires.
D’ailleurs, parmi ces compétences, l’eau et l’assainissement devront à terme sortir du giron communal pour être gérés au niveau communautaire.
Si cette logique est recevable dans les agglomérations urbaines où les communes forment une continuité compacte, elle va entrainer dans nos territoires où les villages sont distants de plusieurs dizaines de kilomètres d'énormes difficultés d'application, de gestion et d'efficacité.
 
Elle risque, en outre, de cantonner nos communautés dans des tâches administratives et essentiellement techniques, devant mettre toute leur énergie et leurs moyens pour faire fonctionner des infrastructures avec moins de réactivité et d'économie.
 
Ce jugement peut paraitre étrange et déplacé, venant d'un président d'intercommunalité. Il est pourtant fidèle et dans la droite ligne que nous avons adoptée avec mes collègues maires tout au long des 13 années de vie de notre communauté de communes.
Celle d'une communauté de destin et de projet où les communes seraient soutenues et valorisées et, où, collectivement nous apportons à l'ensemble des habitants qui y vivent de nouveaux services, par exemple auprès de leurs enfants, de leur jeunesse, plus de solidarité et de vivre ensemble, par le maintien des services publics ou le soutien au tissu associatif, et davantage de qualité de vie en valorisant l'environnement et le patrimoine.
 
Cette "marque de fabrique" qui fait l'identité de notre territoire, restera, soyez en sûrs, la feuille de route des élus communautaires de Provence Verdon, ainsi que leur fierté, pour peu que le législateur nous en laisse la latitude...
 

Edito du Président - été 2015


Aucun discours n’exprimera mieux notre détermination que votre présence ici aujourd’hui. Ma parole sera donc sobre mais précise. 

L’atrocité qui s’est déroulée depuis mercredi à Paris était bien loin de nous et pourtant, elle a touché jusqu’au cœur chacun de nos villages.     

C’est pourquoi, nous avons souhaité avec l’ensemble des maires de notre communauté que tout le territoire se retrouve rassemblé ce matin. 

Le Haut-Var se devait de s’exprimer, le Haut-Var se devait de se lever. Nous le faisons devant ce monument qui symbolise la résistance du peuple de ce cœur de la Provence face à la violence et son insoumission face aux coups de force d’où qu’ils viennent ; son combat mené pour la liberté. Faisons-le également avec tous ceux qui se réunissent comme nous aux quatre coins de France, dans l’esprit du Champ de Mars le 14 juillet 1790, où les français unis, après avoir prêté serment à la nation, ont donné naissance à la notion de fraternité.

C’est avec ce ciment que notre vieux pays a été bâti par les générations qui s’y sont succédé depuis plus de dix siècles et qui, finalement nous permet aujourd’hui de vivre dans la tolérance, la liberté et la démocratie.  

Ce que ces femmes et ces hommes ont construit et nous ont légué, nous avons le devoir de le transmettre intact à nos enfants. Par conséquent, nous ne pouvons ni nous résigner ni avoir peur face à l’obscurantisme et à la haine.

Je sais que parmi nous, certains n’étaient pas d’accord avec les idées de Charlie Hebdo, mais vous êtes tous là ; je sais que certains d’entre nous étaient choqués par leurs dessins, mais vous êtes tous là ; je sais qu’ici, nous n’avons pas les mêmes opinions, les mêmes croyances ni les mêmes origines mais nous sommes tous là !

Ils ont voulu déchirer leur journal, noircir leurs dessins et au contraire, ses pages s’affichent à la une des journaux de tous les pays du monde et sur les milliards d’écran de la planète. Puissent ces mots du poète être notre réponse à leur tentative de mettre à bas les valeurs partagées de notre société et du vivre ensemble.

Sur mon cahier d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre, sang, papier ou cendre
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaitre
Pour te nommer

LIBERTE
 
Discours de Bernard de Boisgelin prononcé le 10 janvier 2015 à Barjols


Communautaire pour que vivent les communes

Cette année 2014 a vu d’une part la naissance d’une nouvelle organisation territoriale, issue de la fusion des communautés de communes Provence d’Argens en Verdon autour de Barjols et Verdon Mont Major autour de Rians. Et d’autre part, l’avènement d’élus lors des dernières élections municipales, chargés de l’animer et de la développer.
Evénement majeur pour notre région et la destinée de nos villages, qui a permis l’émergence  d’un territoire cohérent et abouti.  

Cohérent car ainsi se fédèrent des communes qui partagent une même histoire, s’appuient sur une logique semblable et poursuivent une vision commune de l’avenir. Abouti, parce que 15 communes peuplées de plus de 20 000 habitants sur une superficie d’environ 65 000 hectares permet un réel projet de développement, dans le respect des prérogatives de chacun et dans l’assurance d’être partie prenante dans l’écriture du futur. Aller au-delà de ce périmètre, nous engagerait dans un modèle forcément plus urbain et basé sur une représentation et une souveraineté très différente de nos villages.

Au travail ! Par conséquent, pour construire cet avenir, avec de nouvelles missions confiées par les communes et également des moyens qui seront mutualisés au sein de la communauté. Créer des équipements, développer des services, stimuler l’économie et soutenir les entrepreneurs, mais aussi pallier au désengagement de l’Etat et de la puissance publique dans le monde rural, telles sont nos responsabilités.

Mais, le défi majeur auquel nous avons à faire face est notre capacité à aider les communes à maintenir leur place essentielle dans la vie de nos concitoyens. L’intercommunalité ne doit ni suppléer ni primer sur les communes mais au contraire être la « copropriété » et l’espace de solidarité où celles-ci s’organisent pour se développer et poursuivre le rôle social, culturel et l’organisation de l’espace qu’elles assurent depuis des siècles.

Nous avons à défendre, ici collectivement, un destin partagé, une identité rurale revendiquée et au-delà un certain art de vivre ensemble. Je fais le vœu qu’avec leurs élus, chaque habitant de Provence Verdon partage une telle ambition.
 

Edito du Président extrait de Provence Verdon Mag - octobre 2014